Cosette et Jean Valjean

Publié le par Frédéric MATHIAS



Hier j'ai rapidement évoqué Lino Ventura dans un article sur Jean Gabin. Je crois que Lino, s'il fut également une forte personnalité, a prouvé à plusieurs reprises qu'il pouvait avec constance se laisser immerger dans un personnage. Dans "Garde à vue" de Claude Miller par exemple, sa sensibilité n'a rien à voir avec le personnage de
s "Grandes gueules" de Robert Enrico. Mais, plus encore, c'est dans le rôle unique de Jean Valjean qu'il est parvenu, à mon sens, à gommer Lino Ventura le temps du film. Robert Hossein, qui réalisa cette poignante et magnifique version des "Misérables", a dit lui-même que Lino ne jouait pas, mais était Valjean.

Il me vient à l'idée qu'un secret fort et impénétrable se cache sous une telle prouesse d'acteur. Le talent de Lino est à l'oeuvre, n'en doutons pas, celui d'Hossein également, mais ce qui respire là-dessous, ce qui happe l'âme pour la chavirer en tous sens, ce qui impose à l'acteur d'être un des personnages les plus emblématiques de la littérature et de l'inconscient collectif, c'est le souffle immense et interminable de Victor Hugo.

Frédéric MATHIAS
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